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les différentes buttes

Faut il monter des buttes dans son jardin?

Avant de partir dans la construction de buttes, je vous invite à commencer par cette réflexion.

Quel est l’intérêt des buttes?

Comme l’explique Gilles Domenech dans son article, point n’est besoin de faire des buttes de culture si le sol ne le nécessite pas.

 

Construire une butte en lasagne

Je vous invite à découvrir le blog de Gilles: jardinonssolvivant.fr

Gilles est un biologiste du sol et un des pionniers pour l’introduction du brf en France. Son blog très riche, traite entre autres de la compréhension de la vie du sol et des bases du jardinage

respectueux de la vie dans sa globalité. Vous pourrez d’ailleurs y télécharger gratuitement le livre : « en symbiose avec son potager »

Vous y trouverez aussi une quantité de liens divers en réponse à ses articles en allant cliquer sur la rubrique « plan du site ».

Il y explique comment créer une lasagne dans son article : découvrons les buttes lasagnes

La suite de cette article est écrite à partir de textes originaux de Jacques, que vous connaissez tous, et de Caroline, lectrice, collègue et amie qui fait son jardin sur les coteaux du Gers.

Cette technique, mise au point par Patricia Lanza, une jardinière Américaine qui, ne sachant comment se débarrasser des déchets de son restaurant et du jardin, eut l’idée de les empiler par couches successives en alternant matières brunes (carbone) et matières vertes (azote), sur une épaisseur d’environ trente centimètres, le tout abondamment arrosé pour créer une fermentation, et planter des légumes sur ce substrat.

Le désavantage de cette technique est qu’elle ne retient pas l’eau et nécessite beaucoup plus d’arrosage qu’une butte sandwich ou Morez, du nom de son inventeur.

 

Les Lasagnes, Buttes Permanentes

Les buttes-lasagnes sont des couches superposées de matériaux ligneux (carbonés) et de matériaux verts (azotés) et notamment destinés à accueillir des cultures gourmandes.

Bien qu’ayant déjà testé une telle pratique à titre personnel, cette année, je franchis un cap en constituant des buttes-lasagnes pour mon activité professionnelle…petit tour d’horizon de la question :

 

Quels sont les intérêts de la culture sur Buttes-Lasagnes ?

Les buttes-lasagnes ont de nombreux intérêts pour le jardinier :

  • Elles contribuent à la constitution d’un humus riche et équilibré, support idéal pour de nombreuses cultures ;
  • Elles permettent de mettre en culture des sols incultes : caillou, sol hyper tassé, remblais de mauvaise qualité…
  • On utilise des déchets verts et de matériaux issus de l’environnement immédiat ;
  • Les buttes sont bonnes pour le dos : la terre est moins basse avec une butte !

 
Rassemblez les matériaux

De par les matériaux diversifiées qu’elles nécessitent, les buttes-lasagnes sont à priori plus adaptées aux jardins ruraux qu’aux jardins des villes :

  • Des cartons non imprimés (facultatif)
  • Des matériaux verts : tontes fraîches, résidus de cuisine…
  • Des matériaux bruns : fumier décomposé, branchages bruts et broyés (BRF), compost, feuilles mortes, foin, paille…

Constituez vos buttes-lasagnes

Quand préparer les buttes ?

Les matériaux dont on peut disposer détermineront la période de constitution des buttes-lasagnes.

Pour mes essais, j’ai préparé des buttes en automne et en fin d’hiver.

En automne

L’automne est une saison idéale pour constituer de nouvelles buttes-lasagnes : les matériaux verts sont encore nombreux (tontes, résidus de récoltes…) et c’est une période adaptée pour la fabrication de BRF ou pour récupérer d’autres matériaux bruns comme les feuilles mortes.

Une butte démarrée en automne pourra être mature, selon le climat, au printemps suivant et pourra ainsi accueillir directement des plants.

En fin d’hiver, début de printemps

Cette période de l’année est également propice à la constitution de buttes-lasagnes.

La butte ne sera évidemment pas mature au moment des plantations printanières, mais elle est par contre encore chaude… Elle sera surmontée d’une épaisse couche de compost mûr, à condition d’en avoir suffisamment à disposition…

Ce n’était pas mon cas cette année. Aussi, pour optimiser au mieux mes surfaces de cultures, j’ai donc décidé de creuser de petits trous de plantation que j’ai remplis d’un mélange de compost mûr/terreau/terre de jardin. Ainsi, les plants de légumes bénéficient de la chaleur de la couche mais les racines ne sont pas en contact avec les matériaux pas encore bien décomposés, comme le fumier par exemple. A en juger par le développement et la vitalité de mes plants de tomates sur des buttes constituées en fin d’hiver sous serre, l’initiative me semble heureuse…à suivre sur l’Espace Privilège.

Plant de tomates précoces (variété Monda) sur butte-lasagne constituée en fin d'hiver
Plant de tomates précoces (variété Monda) sur butte-lasagne constituée en fin d’hiver

 

Les couches de la lasagne

Cartons : une première couche de cartons non imprimés croisés entre eux permettra d’étouffer les adventices. Si vous démarrez sur une terre déjà travaillée, les cartons ne sont pas forcément indispensables.

Branchages bruts : la technique des buttes-lasagnes peut être assimilée à du compostage en place. Or, pour se décomposer correctement, un compost doit être remué…ce qui n’est pas adapté aux buttes. Pour assurer malgré tout une certaine aération, j’ai donc eu l’idée de poser des branchages à même le sol (je l’ai fait sur certaines buttes seulement, pour comparaison). Mes premières observations à ce sujet sont probantes : le compostage est plus avancé sur les buttes en question.

Matériaux bruns grossiers : des branchages broyés (BRF)  sur une dizaine d’épaisseur ont été apportés par dessus les branches entières.

Une première couche de BRF...
Une première couche de BRF…

Matériaux verts : vient ensuite une couche constituées de tontes, herbes issues du désherbage, déchets de cuisine… sur 5 cm d’épaisseur

une couche d'herbes vertes par dessus le BRF
une couche d’herbes vertes par dessus le BRF

Matériaux bruns plus fins : la couche suivante a été constituée de fumier en cours de décomposition. Mais on peut également mettre des feuilles, du foin ou encore de la paille, ceci sur une épaisseur de 8 – 10 cm

...recouvert de fumier composté
…recouverte de fumier en cours de décomposition

Compost bien mûr

Le compost constitue la dernière couche,celle qui accueillera les plants. Il sera apporté :

  • soit en couche épaisse (15-20 cm) pour y planter directement les plants élevés en pépinière ;
  • soit pour remplir des trous de plantation (en mélange avec du terreau, de la terre de jardin) simplement aménagés à la main à cet effet.

Important : chaque couche doit être copieusement mouillée au fur et à mesure de la constitution de la butte (qui peut se faire sur plusieurs semaines, on peut donc attendre une pluie pour passer à la couche supérieure).

Protection du tas

Les buttes d’automne seront recouvertes d’une couche de protection : feuilles mortes, branchages…

De même, on pourra pailler les cultures sur buttes tardives avec des herbes séchées, de la paille…

 

 

 

 

La butte MOREZ

 

butte-sandwich007.jpg

 

 

C’est la butte pratiquée par Robert Morez.  Après un certain temps la butte s’aplatit avec la diminution des branches ou du broyat, nous avons copié le mode d’emploi.

1. – Creusez une tranchée à 35 cm. Réservez la terre extraite en tas débarassés des pierres, racines et herbes (terre propre)
2. – Garnissez le fond avec des branches coupées à 30 cm + ronces, lianes, etc … Ranger et tassez, le mieux possible pour stocker le maximum de matières ligneuses sur 25 cm d’épaisseur environ. L’utilisation de broyat forestier facilite le travail. Arrosez copieusement. Un peu d’argile ou terre (cendres) entre les couches enrichit l’ensemble.
3. – Etendre des feuilles mortes ou vertes – environ 20 cm – à défaut, utilisez pailles ou foins. Tassez et arrosez.
4. – Par-dessus, ajoutez une couche de 10 à 15 cm de compost ou fumier (bouses, fientes …). Ne plus tasser.
5. – Couvrir avec la terre extraite. Aplanir ; établir les passages (passe-pieds) de 30 cm de large, tous les 120cm, en étalant de la paille, écorces, branches ou planches pour circuler sans trop tasser le sol.
6. – La planche est alors prête pour les plantations ou semis.
7. – L’arrosage s’effectue dans des « entonnoirs » (bouteilles, tuyaux …) = forte économie d’eau.

Forte économie d’eau, forte production ; le sol retrouve son niveau original après quelques

mois

 

A notre avis, il est possible de faire la butte a même le sol et de prendre la terre  dans les allées avec du compost mur. Mais nous retrouvons la technique de Bill Mollisson , remarquons que cela fait moins de travail pour notre inconnue.

La butte Sandwich est différente de la butte en Lasagne mais avec le temps le résultat est semblable  et un enrichissement très net du sol est constaté. L’apport de matières vertes riche en azote et/ou du fumier me semble indispensable et reste a surveillé de prés. Nous avons personnellement eu un gros apport de BRF avec des coupes assez importante avec une broyeuse forestière et plusieurs années de vaches maigres, la fertilité a bien augmentée cette années et nous avons retrouvé nos poireaux de naguère d’autant plus que la transition est faite vers la permaculture.

Les deux types de butte a savoir lasagne et butte sandwich ainsi que le jardinage bio intensif ne sont pas a proprement parlér des techniques de permaculture , le jardinage bio intensif a été fait pour nourrir Paris au XIX émé siècle d’une manière la plus localisée possible, la butte sandwich est un classique de l’agroecologie prônée par Pierre Rabhi

Mais ses techniques s’intègrent parfaitement dans le concept de permaculture a savoir :

Prendre soin de la terre : La meilleure façon est de copier des écosystèmes durables et prendre soin de l’humus.

Prendre soin de l’être : Etre suffisamment bienveillant avec notre inconnue pour ne pas lui conseiller des techniques rigides.

 

 

La butte forestière ou hugelkultur

  • La variante permacole ou « forestière »

 

La butte « forestière » est une très ancienne technique utilisée depuis des siècles en Europe de l’Est. Appelée aussi là-bas « Hugelkultur » cette technique consiste à empiler des matières végétales, les recouvrir de terre, et ensuite cultiver dans ces buttes.
La fertilité de la butte est délivrée par des troncs, branches préalablement coupées quelques mois ou années auparavant. Au fur et à mesure que les troncs vont se décomposer, les racines des plantes au-dessus vont s’implanter plus profondément dans la butte pour y puiser toujours plus d’éléments fertiles. Les nutriments organiques sont délivrés ici par de gros éléments qui mettront plusieurs années à se décomposer. On peut dire qu’on est là dans du vrai « durable ».

Butte selon Sepp Holzer

Le grand vulgarisateur de cette technique est le permaculteur autrichien Sepp Holzer . Ce sont chez lui plusieurs hectares en montagne qui sont cultivés et aménagés par cette technique.
Son ouvrage « La permaculture de Sepp Holzer » fait une complète explication avec détails et schémas pour bien intégrer ce principe. + d’infos …
Un excellent site (en anglais) avec de nombreuses photos pour expliquer cette technique ici !

  • Manuel de la culture sur butte  
Un précurseur de la culture sur buttes en France est Richard Walner de la la ferme en permaculture Au Petit Colibri.Son ouvrage s’adresse au jardiniers débutants ou expérimentés, qui souhaitent pratiquer la culture sur buttes dans un cadre loisir ou professionnel.Ce manuel contient de nombreuses photos et fiches explicatives, plans de cultures précis au fil des saisons, schémas de fabrication et rotations culturales, aide à l’aménagement, etc…
+ d’infos …

Vous pouvez aussi voir mon album photos, l’expérimentation au printemps 2012 par un débutant des différentes étapes de la création de buttes expliquées et commentées ici !

  • Conclusion
La vie du sol dans toute sa diversité et sa complexité doit être préservée. Les champignons, les vers de terre et les micro organismes se positionnent en surface ou à des profondeurs bien précises aussi il est indispensable d’utiliser la terre sans la retourner.

En réalisant une butte, nous favorisons la reconstitution d’humus en utilisant des matériaux naturels. Cela contribue à restaurer et maintenir la fertilité des sols. Dans un souci d’autonomie et d’économie, les matériaux utilisés sont issus de ressources locales disponibles sur place.

La culture sur buttes de richard Wallner, ecolieu du petit colibri
Il développe la formation de buttes en 1,70m de large. Son site regorge d’informations intéressantes et permet aussi d’acquérir de nombreux livres sur la permaculture;
Le pdf sur ses buttes donne aussi un planning de cultures et rotations.

 

 


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